Grand écart

grand écart

Né en 1990 à Timaru (Canterbury), Uini Atonio a été formé par le Wesley College (comme Jonah Lomu ou Sitiveni Sivivatu) près de Pukekohe. Il est aujourd’hui un pilier droit qui impressionne, voir interpelle le rugby français par sa masse corporelle (1m96/145kg environ) ainsi que par sa gestuelle et sa mobilité. Voici quelques extraits tirés d’une de ces interviews :

« Avec mon physique actuel, je pense que ça aurait été compliqué de jouer avec l’équipe de Nouvelle-Zélande. Les All Blacks cherchent des mecs fit [affûtés] qui courent et qui font au maximum 115  kilos … En 2009, j’avais fait trois stages avec l’équipe de jeunes néo-zélandaise. L’entraîneur n’a ensuite retenu que vingt-six des trente joueurs pour la Coupe du monde des moins de 20 ans. Il en a enlevé quatre, et j’en faisais partie.* (…)
Pour m’expliquer, on m’avait dit : « Tu es un bon joueur, mais tu n’es pas au niveau, pas le meilleur pilier droit, tu es trop gros et trop fainéant. » Du coup, je suis parti jouer avec la sélection des Samoa, où sont nés mes parents »
*Ma’afu Fia et Willie Ioane avaient été sélectionnés.

Deux ans plus tard, repéré par Patrice Colazzo lors d’un tournoi à Hong-Kong, Uini Atonio se laisse séduire et tente l’aventure française. Il débarque au Stade Rochelais et découvre un nouveau monde :

« Au début, quand je suis arrivé en France, le 14 juillet 2011, c’était dur : en Pro D2, je perdais au moins la moitié des mêlées dans un match. A chaque fois c’était pareil : tu as un ancien de plus de 30 ans en face de toi qui te dit : « Haa, je vais te tuer ! » Après mes premiers matchs, j’étais défoncé pendant trois jours, j’avais mal à la nuque… Tous les dimanches, je restais dans mon lit. En Pro D2, il y a des joueurs qui ne sont là que pour les mêlées, ils ne jouent pas les ballons, ils ne plaquent pas. En Nouvelle-Zélande, ça n’existe pas ; le jeu est plus technique que physique. »

Depuis, tout est rentré dans l’ordre. Le Stade Rochelais est une équipe qui joue, elle a accédé à l’élite, Uini Atonio a été élu meilleur pilier droit du Top 14 en 2015 et il est même devenu un leader de son équipe. Cerise sur le gâteau, il est appelé par Philippe Saint-André pour représenter le XV de France en Coupe du monde.

Uini Atonio avec le XV de France

Uini Atonio avec le XV de France

Mais revenons sur ce que nous enseigne l’expérience d’Atonio. Pour résumer :

  • Nous avons donc un pays qui demande à ses jeunes piliers d’être au niveau, de tenir 80 minutes, d’être en bonne forme physique (affutés) et d’être travailleur.
  • Et nous en avons un autre, où dans un championnat professionnel, il existe des piliers qui ne s’occupent que des mêlées. Pas de passes, pas de défense. Simplement des mêlées. Et en guise de bonus, ils tentent d’impressionner leur vis-à-vis par des menaces potaches.

Un tel grand écart est assez surréaliste.

Source photo karate.st.mamert.free.fr, ffr.fr, et interview Adrien Pécout sur lemonde.fr

 

2 réflexions au sujet de « Grand écart »

  1. Et oui …
    L’hémisphère Nord, dont la France compte concurrencer l’hémisphère Sud dont la Nouvelle-Zélande avec cette vision du rugby là, et avec des joueurs dont ils n’ont pas voulu …

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