L’outsider Français

splash_logo

Il y a une possibilité que la Nouvelle-Zélande et la France se retrouvent une fois de plus en phase finale de la Coupe du Monde. La France reste malgré tout davantage un « épouvantail » qu’un bon tirage pour les All Blacks. Focus sur l’outsider-français.
1999 est davantage attribué au french flair, quoique qu’il est toujours intéressant de faire un retour sur les prestations de Cédric Soulette par exemple et la « neutralisation de Josh Kronfeld » qui était le lien, le poison pilote de Jonah Lomu, le relai aux lignes d’attaques des All Blacks:

« Eliminer un mec, au rugby, ce n’est quand même pas le conduire devant un peloton d’exécution. Je suis allé pour le déblayer. Je ne voyais pas très bien – c’était avant que je me fasse opérer des yeux. On s’est cogné tête contre tête. Après, Kronfled a été un peu absent. Les entraîneurs et le capitaine m’avaient dit : « Il faut que tu vises Kronfeld ». Cédric Soulette

Pierre Villepreux dément fermement avoir « mandaté » l’ancien pilier du Stade toulousain :

« Nous n’avons jamais demandé à qui que ce soit de descendre un joueur adverse. Ce n’est pas le genre de la maison. » Pierre Villepreux

Cédric Soulette admet avoir vu la « ligne blanche », ce jour-là, celle qui sépare, au rugby, « ce qui tient de la dimension physique » et « ce qui relève de la violence ». Peintre et sculpteur à ses heures, l’ancien joueur estime aussi que son geste de 1999 n’était finalement pas grand-chose, comparé aux plaquages d’aujourd’hui :

« Les mecs arrivent maintenant lancés comme des autobus et raides comme des piquets, pour te détruire, te marquer le corps. C’est de la folie furieuse. Ils pourraient y aller plus doucement, en amortissant. » Cédric Soulette

En 2007, ce sont plus les « gladiateurs » qui sont à l’honneur, représentés depuis par Thierry Dusautoir:

« Nous savions que nous pouvions battre les All Blacks, mais nous savions aussi que nous devions défendre d’une façon différente sur ce match. Ce que nous avons réalisé contre les All Blacks est phénoménal. Les statistiques ont montré que de nombreux joueurs étaient à 25 plaquages. Nous avons gardé notre organisation défensive traditionnelle en première mi-temps lorsque nous avions encore des jambes, mais dans la seconde, nous avons utilisé la stratégie de deux hommes sur un pour garder le porteur de balle sur ses pieds et l’empêcher de jouer après contact ou de libérer rapidement. Par conséquent, ils devaient venir à plus dans les rucks, ce qui a réduit leurs options offensives » David Ellis 

Les Bleus racontent également que le fait de jouer les All Blacks au Pays de Galles en 2007 les a fait évoluer sans stress:

« Personne ne nous donnait une chance contre la Nouvelle-Zélande, et nous l’avons dit, à l’arrivée à Cardiff, que tout ce qui n’allait pas nous prendrions à la légère. Le lundi matin de notre première session d’entraînement, notre bus est tombé en panne, nous avons dû en attendre un autre. Fred Michalak a commencé un jeu du toucher dans le parking de l’hôtel. Les joueurs étaient sans vraiment stress. Bernard Laporte quittait son poste après la Coupe du Monde, il n’y avait pas pression. En 2003 on s’était isolé au dernier étage de l’hôtel, on ne voyait le public qu’aux entrainements. Si nos joueurs avaient été autorisés à profiter de la compétition comme cela en 2003, on aurait été beaucoup mieux ». David Ellis 

Même si l’Australie était supérieure en 1999, on peut penser que la France s’est relâchée mentalement après sa victoire en ½ qui représentait l’apothéose pour les Bleus.

En 2003, le XV de France évoque cette fois la pluie … :

« S’il n’avait pas a plu en 2003, le score aurait été probablement différent. Nous nous étions préparés toute la semaine au soleil. Il a commencé à pleuvoir le matin du match et le temps s’est fait par la suite de plus en plus lourd. Phil Vickery et Trevor Woodman, que j’ai coaché à l’époque de Gloucester m’ont avoué depuis que dès que le temps a tourné, leurs espoirs se sont décuplés. C’était ironique, parce que partout où nous avions été en Australie jusqu’à ce que ce point il faisait beau tout le temps et nous avions marqué beaucoup de points. » David Ellis

Autre cause, même chagrin en 2007. La France se présente meurtrie après son ¼ face aux Blacks, où elle a laissée des plumes:

« Nous avions besoin de changer nos joueurs pour rafraîchir l’équipe après le match face à la Nouvelle-Zélande. L’Angleterre fait ensuite un départ fulgurant avec Josh Lewsey qui marque en coin avec ce rebond … l’Angleterre nous a causé des problèmes différents que les All Blacks mais je pense que si nous avions eu un véritable arrière ce jour-là alors l’essai n’aurait pas été marqué. Johnny Wilkinson a fait ce qu’il a toujours fait, il a scoré, tandis que nous gâchions nos opportunités. » David Ellis

De quoi tirer quelques éléments clés.

  • Les Français ont besoin d’être comme « possédés » pour créer la surprise. Il leur faut une atmosphère extra-sportive pour chercher une motivation supplémentaire.
  • Il leur faut ajouter une « méthode » à cette « folie ».
  • Ne pas perdre le Nord après une victoire, rester concentrer, savoir se re-mobiliser.
  • Les faire évacuer le stress, d’une manière ou d’une autre. Ne surtout pas avoir à assumer la charge du favori.
  • Laisser vivre, respirer le groupe. L’ultra-discipline n’est pas forcément la meilleure solution pour les Bleus.
  • Avoir des plans B en sachant s’adapter aux changements climatiques.
  • Créer un groupe homogène et interchangeable.
  • Avoir au préalable remis à niveau les Bleus via une importante préparation physique.

Au boulot !

Source : Frederic Potet Lemonde.fr, Allblacks.com

2 réflexions au sujet de « L’outsider Français »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *