Commotions cérébrales : Le combat continue

commotions cérébrales

Voilà quelques jours que des évènements relancent le débat sur les séquelles des « commotions cérébrales dans le rugby ». Toute sortie sur le sujet est à saluer et donc à relayer ! Trois joueurs néo-zélandais, trois cas d’actualité:

  • Shontayne Hape, la sortie médiatique !

Shontayne Hape, ancien joueur de rugby à XIII néo-zélandais devenu international à XV anglais et joueur du MHR a fait une sortie remarquée dans le New Zealand Herald intitulé : « Mon combat contre les commotions cérébrales »
Soutenu entre autres par Sonny-Bill Williams et Dan Carter sur les réseaux sociaux, le phénomène s’est amplifié et le monde du rugby semble s’être ému de ces situations. Pourvu qu’il s’attèle au problème davantage qu’il s’en émeuve !
Après avoir mis un terme à sa carrière en février 2013 à cause de commotions cérébrales à répétition, Shontayne Hape a exprimé ses craintes pour sa santé mentale future, il déclare espérer que les gens s’informent davantage, apprennent de ses erreurs et fassent attention aux sous-déclarations des médecins de clubs …
« Extraits choisis » : (Pour retrouver l’article en intégralité)

« Je ne raconte pas mon histoire pour avoir de la sympathie. Je dis ça car les gens, surtout les jeunes joueurs, doivent être au courant. Tout le monde s’est déjà assommé un jour sur le terrain. Tout le monde a déjà eu une commotion cérébrale. Je ne me souviens pas d’un seul des gars avec qui j’ai joué à qui cela n’est pas arrivé. C’est la nature de ce sport. Ça vous endurcit. J’ai grandi comme ça.
Récemment, j’ai vu le quart de finale entre Toulouse et le Racing. Florian Fritz a été KO, il pissait le sang. Il est sorti et on lui a dit de revenir sur le terrain. Il l’a fait mais n’était pas dans un état normal. Je vois des choses comme cela tout le temps. Les fans ont l’habitude de dire : Wow, il est dur ! Mais nous devons changer les mentalités. Les jeunes joueurs ne comprennent pas les risques qu’ils prennent à jouer avec des commotions cérébrales. La chose la plus dangereuse, c’est que c’est une blessure qui ne se voit pas. L’ignorer est donc facile. Ce genre de choses arrive trop souvent.
Lorsque vous venez d’arriver dans un nouveau club et que vous êtes international, vous devez impressionner. C’était le plus gros contrat de ma carrière et j’étais sous pression. J’ai subi une nouvelle commotion. Cette fois, j’ai été vraiment inquiet […] Par la suite, j’évitais d’aller dans les rucks car j’étais terrifié d’être une nouvelle fois KO. Les choses allaient tellement mal pour moi que je ne souvenais plus de mon code. Ma carte de crédit a été avalée deux fois.
En France, on te dit: ok, tu vas te reposer durant une semaine et puis ça ira. Il y avait sans cesse de la pression de la part des coaches. La plupart des entraîneurs ne se soucient pas de ce qui va se passer plus tard dans ta vie. C’est ici et maintenant. Les joueurs sont juste des morceaux de viandes. Quand elle est trop vieille et dépassée, ils en achètent d’autres. (Voir l’immédiateté du rugby français …)
Avec les effets des commotions cérébrales, je ne pouvais plus supporter d’écouter de la musique. Le son était trop fort. La lumière du soleil également était un problème. J’ai dû rester plusieurs jours dans le noir chez moi. Je devais rester au calme et je ne supportais pas mes trois jeunes enfants. J’étais sans cesse en colère contre eux. Ma relation avec ma femme Liana a souffert. Elle a été contrainte de gérer seule nos trois enfants et la maison.
Je pensais que je pourrais me reposer une année puis revenir, c’est pourquoi je n’ai jamais dit que je prenais ma retraite. Après le déni, je suis parti en dépression. J’ai eu de la chance d’avoir du soutien autour de moi. En janvier, j’ai finalement accepté que tout cela soit fini. J’ai lu qu’un jeune joueur à Auckland était mort après un choc à la tête. Mon quatrième enfant était en route et j’avais 33 ans. Jouer un an de plus et risquer ma vie en valait-il la peine ? Aujourd’hui, je me souviens de ce qui s’est passé il y a longtemps mais pas ce qui est arrivé hier, les noms, les numéros et tout un tas de trucs sont des choses que j’oublie constamment. J’ai la capacité de concentration d’un jeune enfant. Le plus grand de mes fils peut s’assoir à table et bosser durant des heures. Une demi-heure, c’est tout pour moi …
Aujourd’hui, les gens me disent juste : Merci de nous ouvrir les yeux et d’aider à éduquer les joueurs d’aujourd’hui. Je ne citerai pas leur nom mais des joueurs actuels et passés ont pris contact avec moi en me disant: «belle histoire, je pense que j’ai besoin de me soigner – où êtes-vous allés et qui avez-vous vu? » » Shontayne Hape

  • Craig Clarke, le choix de la raison !

A 30 ans, l’ancien Co-Capitaine des Chiefs, vient de prendre une retraite anticipée, pour cause d’une 10ème commotion en 22 mois … Il a mis fin à son contrat de 3 ans avec le Connacht après 15 matches seulement.

« J’aurai aimé honorer mon contrat jusqu’au bout, mais la santé est prioritaire. Je serai toujours déçu de ne pas avoir porté le maillot noir, mais je vais dormir tranquille en sachant que j’ai donné à mon pays un excellent rugby, surtout lors de mes trois dernières saisons » Craig Clarke
« Craig est évidemment une des plus grandes signatures que nous avons jamais eu au Connacht jusqu’à présent. C’était énorme pour nous d’avoir quelqu’un de son expérience. Mais il avait aussi toutes les qualités en tant que coéquipier et de leadership. Nous sommes extrêmement déçus que son temps avec nous doivent s’arrêter là. Mais la priorité c’est son état de santé » Tim Allnutt

Kieran Read, élu meilleur joueur du monde en 2013, a déjà subi plusieurs commotions cérébrales au cours de sa carrière. Il a raté quatre matchs cette année pour les Crusaders après avoir subi un coup à la tête contre les Chiefs, le 19 avril. Et même s’il a refait un bref retour depuis, Steve Hansen l’a écarté des All Blacks pour qu’il se soigne.

« À long terme je ne suis pas trop inquiet, mais nous sommes simplement pas prêts à prendre de risque avec son état de santé. C’est tout simplement trop dangereux » Steve Hansen

Espérons cette fois que les sorties médiatiques, les prises de conscience des joueurs ainsi que des dirigeants s’élèvent et poussent le monde du « rugby professionnel » à accélérer son niveau d’intérêt au sujet des commotions cérébrales.

Crédit : nzherald.co.nz, rugbyrama.fr, stuff.co.nz

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