Merci Vern !

Auvern Lexvnz

Clermont vient de se faire éliminer coup sur coup de la « HCup » et de la course au Brennus … Vern Cotter, le futur sélectionneur écossais, ne pouvait imaginer un pire scénario : une défaite à domicile, une première depuis 2009 et 77 victoires d’affilée au Michelin !

« Merci à vous pour toutes ces années passées ici … »Voici les quasi seuls mots du géant de Te Puke à l’issue du match …

Merci à toi Vern ! Merci à vous Mr.Cotter !

« flash-back » (avec l’accord de Nicolas Espitalier, SudOuest.fr) en guise de remerciement :

En quatre saisons, Vern Cotter a conduit quatre fois l’ASM en finale du Top 14. Hier, la rigueur et l’adaptation du technicien néo-zélandais ont trouvé leur récompense.

« Le bouclier de Brennus, avant d’arriver en France, je n’en avais jamais entendu parler », racontait Vern Cotter il y a un an, à la veille de ce qui devait être sa troisième défaite en finale du Top 14.

C’est pourtant lui qui, aujourd’hui, ramènera pour la première fois l’objet sur la place de Jaude à Clermont-Ferrand. Lui qui, 99 ans après la création de l’Association Sportive Michelin, a su mettre fin à un quasi-siècle sans titre. Lui qui aura fait de l’ASM Clermont-Auvergne le 27e club couronné de l’histoire du rugby français, le cinquième de l’ère professionnelle.

Et ce titre, c’est d’abord le triomphe d’une méthode unique. Celle que l’ancien joueur d’Auckland a façonnée en mélangeant deux ingrédients qu’on aurait pu croire inconciliables : la rigueur anglo-saxonne et la tradition française.

« À l’anglo-saxonne »

Débarqué en Haute-Savoie en 1990, il a fait, comme joueur, un tour de France des clubs, de Rumilly à Dunkerque en passant par Lourdes, a appris le français et pris au passage le surnom de « Jules », parce que « Jules Vern ». Puis il est rentré au pays, pour devenir un entraîneur de premier plan, d’abord à Bay of Plenty, puis comme adjoint de Robbie Deans chez les Crusaders de Canterbury.

En 2006, Clermont a fait appel à lui. Et tout a changé à Marcel-Michelin. « Il a amené une façon de fonctionner à l’anglo-saxonne, adaptée et adoucie à la mode française. Il a amené tout ce qui nous manquait : un système de valeurs, de la rigueur, de la discipline. Mais en les adaptant, sans les appliquer stricto sensu », nous avait expliqué un jour Jean-Marc Lhermet, ancien capitaine et aujourd’hui manager de l’ASM.

Le pilier Thomas Domingo, 24 ans, aujourd’hui international, estime ainsi qu’il « doit tout » à Vern Cotter : « Il est arrivé à Clermont quand j’ai commencé en équipe première. Il m’a fait changer mentalement et physiquement. J’ai adopté une démarche professionnelle, perdu 15 kilos en six mois. Avec Vern, c’est beaucoup de travail, beaucoup d’engagement, c’est apprendre à se faire mal pour les autres et à faire des sacrifices. »

La méthode Cotter en un slogan lapidaire, formulé par Elvis Vermeulen en 2009, c’est : « Travail, travail et hygiène de vie. » Le flanker Alexandre Lapandry, lui aussi sélectionné en équipe de France après avoir décroché son premier contrat pro à l’ASM, dit avoir « tout changé dans (sa) façon d’aborder le rugby » au contact du stratège néo-zélandais.

« Vern, ça fait quatre ans qu’il est là, il a senti qu’il avait un groupe avec des qualités et il nous a permis d’aller quatre fois en finale en quatre ans. Et si nous avons perdu les trois premières, ce n’est pas lui qui était sur le terrain, c’est nous », rappelait mardi matin Anthony Floch.

L’Auvergnat de Brassens

Décrit comme un taiseux au grand cœur, Vern Cotter est devenu un Auvergnat aux yeux des Auvergnats eux-mêmes : « Les valeurs qu’il porte, a dit Jean-Marc Lhermet, ce sont celles de l’Auvergne. Le côté rude, même sa façon d’être, un peu froid au premier abord et très chaleureux quand on apprend à le connaître, cela rappelle l’Auvergnat de la chanson (NDLR : de Georges Brassens). »

En quatre ans, au fil des échecs, Cotter a su se remettre en question sans trahir son mode de fonctionnement. Il a changé pour s’adapter aux événements, légèrement modifié son discours et arrondi les angles. La subtile inflexion date d’une défaite à Mont-de-Marsan (12-11) pendant l’hiver 2008-2009. « Un coup sur la tête du coach », avait dit à l’époque le talonneur Mario Ledesma.

Sans devenir plus cool, Vern Cotter a laissé plus de liberté à ses joueurs. « Après avoir mis des choses en place, je leur ai passé la main. Je voulais qu’ils soient interdépendants, pas dépendants », résumait-il mardi dernier, tout sourire, détendu comme jamais, ouvert aux plaisanteries de la presse.

Ce changement n’avait pas suffi à faire gagner à l’ASM la finale de 2009. Mais, hier, Vern Cotter et ses hommes ont récolté les fruits de quatre ans de travail. Enfin !

 

On peut lire partout que l’ASM doit énormément à Vern Cotter et tout le monde le reconnaît. Mais il y a une chose peut-être, qui, en soi est inestimable, c’est le fait que les Clermontois ont désormais relevé leur niveau d’exigence. D’éternel perdant, le club a gagné « le Bouclier à Vern ». Et l’appétit vient en mangeant. De « loosers sympathiques », la « Yellow Army » est désormais ambitieuse et conquérante. Vern Cotter a grandement contribué à faire passer l’ASM dans une autre dimension ! L’ère Cotter se termine donc et Clermont a encore des paliers à franchir. Mais une chose est sûre, le plus dur a été fait …

les Clés du Camion Lexvnz.com

 

« Vern Cotter remet les clés du camion au nouveau Néo-Zélandais de l’ASM : Jono Gibbes » 

Crédits : Photo Radioscoop.com, Nicolas Espitalier (SudOuest.com), Dessin Lexvnz.com

2 réflexions au sujet de « Merci Vern ! »

  1. Merci pour cet article et son flash back. Merci à Vern. Je ne doute pas que Jono Gibbes prenne soin de Clermont. Bravo pour ton dessin !

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