Turnover : Idée fixe des Chiefs ou prémices d’un nouveau modèle dominant ?

Chiefs Turnover

En dehors de toute actualité au classement du Super Rugby, il est possible de faire ces deux constats :

1) Depuis quelques années, les blessures s’accumulent au sein des squads de toutes les équipes du Super Rugby. Les Sharks, les Stormers ou bien les Highlanders le savent plus que quiconque.  

2) Les Chiefs ont remporté les deux derniers Super Rugby en jouant avec beaucoup d’énergie, de style et en faisant bouger les lignes, sans être des « surhommes ».

Leur système de rotation est-il dominant ?

Les modèles d’équipes type dominantes sont « bousculées », comme ça a pu être le cas avec les grandes équipes des Blues, des Crusaders, des Brumbies et des Bulls. 

L’allongement de la compétition change la donne. Le Super 12 était un 800m, le Super 15 est un 1500.  Demandez à Wilson Kipketer (spécialiste du 800m) s’il aurait eu le même finish sur 1500m ! Chaque blessure met en lumière le problème de la qualité du banc de touche.

D’autant plus qu’avec une équipe type, les remplaçants sont quelque peu « rouillés » lorsque leur tour arrive. Changer une équipe, installer un turnover interne de joueurs a longtemps été considéré comme un management déplacé. Le rugby se jouait à 15. Les meilleurs jouaient, les autres regardaient. Point.

Au niveau international, ce n’est réellement qu’en 2002, avec John Mitchell et Robbie Deans lors de la tournée en Europe qu’une équipe « All Blacks Bis » a osé être alignée avec 13 changements par rapport à leur précédant test match. (Excepté l’après tournée des Cavaliers bien sûr, qui est politique, non sportive).

Les Chiefs n’hésitent pas à faire tourner, semaine après semaine. Ils préfèrent même « recruter polyvalent ». Nombre de leurs joueurs peuvent tenir 3 postes, voire plus. Ils sont souvent interchangeables, augmentant ainsi de manière exponentielle les combinaisons envisageables :

Andrew Horrell (13, 12, 15, 10, 11, 14), Robbie Robinson (15, 10, 14, 11), Mills Muliaina et Tim Nanai-Williams (15, 14, 11, 13), Tom Marshall (15, 12, 14, 11), Kane Thompson et Nick Croswell (8, 6, 5, 4), Michael Fitzgerald (5, 4, 6), Charlie Ngatai (12, 13, 15)

 

Idem pour le coaching !

Les remplaçants ne rentraient auparavant que sur blessure. Il n’y a qu’à regarder les feuilles de matches des anciennes rencontres … les « impact player » n’avaient « aucun rôle » tandis que les GPS n’existaient pas …

En Super Rugby, ce concept est apparu en 1998 sous Wayne Smith (déjà lui) quand lors de la finale, ils ont fait rentrer leur banc de touche (ce qui était « quasiment » perçu comme déloyal à l’époque) et ont fait mouche … face aux Blues dubitatifs, médusés !

Tout ça pour dire que la fraîcheur physique prend aujourd’hui une place plus importante. Comment arriver en meilleure forme que ses adversaires lorsqu’arrivent les Play-Off si ce n’est  en faisant tourner son effectif toute la saison ?

Ainsi, des « doublettes » apparaissent petit à petit dans d’autres Franchises à des postes qui « pompent » énormément d’énergie et qui demande souvent souffle et explosivité.

Même si à l’heure actuelle l’acceptation de ce concept n’est pas partagée par tout le monde, elle a le mérite d’être soulevée. Elle semble en tout cas validée par les staffs médicaux, par l’obtention de deux titres consécutifs et par l’ambiance et l’atmosphère qui règne aux Chiefs. Si tout le monde joue, tout le monde se sent concerné, le sentiment d’appartenance grandit. S’il n’y a pas totalement d’équipe type, la concurrence est rude mais loyale. La maxime « c’est le groupe qui gagne » n’a jamais été aussi forte.

 

Les All Blacks un poids lourd ?

Pratiquement aucuns titulaires chez les All Blacks ne jouent aux Chiefs. Par contre, combien sont bien placés pour y prétendre ? Enormément. « L’algorithme gagnant » de leur effectif  ressemblerait approximativement aujourd’hui à celui-ci : 30 B > 15 A + 15 C

Dans un Super Rugby servant de plus en plus de « période d’entraînement pour cadres internationaux vieillissants » et de « laboratoire pour  futurs internationaux », l’avenir nous  dira si ce modèle sera repris et s’il continuera d’être gagnant !

 

9 réflexions au sujet de « Turnover : Idée fixe des Chiefs ou prémices d’un nouveau modèle dominant ? »

  1. Salut
    déjà je voudrais vous féliciter pour votre blog. Je suis d’accord sur tout l’article sauf quand vous dites que « pratiquement aucun joueur des chiefs ne postulent au all blacks, il y’a Liam messam qui est pratiquement indiscutable au poste de 6.Ce matin il à joué en 8 face à J Kaino (qui revient très fort) il à fait son match, Brodie rettalick est en ce moment pour moi le meilleur deuxième ligne du monde, après c’est vrai que historiquement l’ossature des AB’S est plutôt issu des crusaders ou des blues mais j’ai l’impression que Hansen veut changer les choses. Tim nanai williams frappe à la porte Gareth anscombe est fabuleux au poste de 15 (attention Israel dagg) SBW revient la saison prochaine tameifuna à marque 2 essais… Je pense que les all blacks essaye de diversifier leur équipe.
    Mais sinon l’article est vraiment super comme d’habitude super boulot sur l’article sur justin marshall.

    • merci iroc77 et bienvenue !

      Où voyez vous que je dis que « pratiquement aucun joueurs des Chiefs ne postulent pour les All Blacks » ?

      Je dis qu’il n’y a pratiquement aucun titulaire (B.Retallick que j’adore également est pour l’instant en concurrence avec Luke Romano, Cruden serait en ballotage avec Carter si ce dernier était sur pied et il reste effectivement Liam Messam qui va devoir gérer le retour de Jerome Kaino). C’est extrêmement peu pour un double tenant du titre.

      Par contre je dis bien qu’il y a énormément de prétendants, de joueurs qui aspirent à se faire une place ou à le devenir.

      • Brodie retallick a vraiment pris le dessus sur luke romano mais je pense aussi que kaino va reprendre le dessus sur messam en 2014 et avoir la troisième ligne kaino mccaw et read.

        • Brodie Retallick est assurément un meilleur joueur que Luke Romano.

          Mais l’intérêt des All Blacks consiste à rechercher l’équilibre permanent. Sam Whitelock est alerte, léger et extrêmement technique, Luke Romano est plus dense, compact, joue davantage l’impact et vise la ligne d’avantage. Brodie Retallick est lui, pile poil entre les deux.

          Grossièrement, le staff des Blacks devra juger l’ensemble. Soit : S.Whitelock + B.Retallick vs S.Whitelock + L.Romano
          Et non pas L.Romano vs B.Retallick

          L’avenir nous dira quelle équation s’est montrée la plus intéressante, et il se peut fort bien que la paire SW, BR s’impose.

  2. Exact ! Les Chiefs ont une gestion d’effectif hyper novatrice. Ce sont eux qui sont le mieux entré dans l’ère du Super 14, un peu grâce à ça. Ils tournent quasiment autant qu’un club de Top14

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