Vectrice de résultats, la cohésion des Chiefs sera-t-elle suffisante pour 2014 ?

Chiefs scrum Phil Walter Getty Images Dave Rennie demande beaucoup à ses joueurs. Il attend également beaucoup d’eux.  Et il obtient énormément … Leurs efforts,leur  travail et leur cohésion sont visibles, flagrants et engendrent systématiquement des résultats. Plus que les autres ?

  • Offensivement oui. Les Chiefs obtiennent, de façon assez notable, beaucoup plus de leurs possessions que les autres équipes.

Contre les Crusaders, les joueurs de Christchurch ont possédé la balle 66% du temps. Ils ont joué 323 fois la balle. Les Chiefs seulement 178 fois …

A l’arrivée, les Chiefs ont parcouru 420 mètres balle en main, contre 524 pour les Crusaders.

Le rapport « ballons joués/mètres parcourus » est diamétralement différent. L’efficacité et l’avancée optimale des Chiefs sautent aux yeux.

Idem, dans une toute autre mesure,  pour le match contre les Highlanders. La possession était cette fois équilibrée, 51% pour les Chiefs et 49% pour les Highlanders. Pourtant les Chiefs ont réussi à avancer davantage que leurs adversaires (603 mètres parcourus balle en main contre 462 pour les Highlanders).

Comme souvent leur rendement est donc bien meilleur que celui des autres équipes. Ils sont de loin, la Franchise néo-zélandaise la plus efficace. Leur jeu semble libre et aéré, pourtant il est l’un des plus directs. En cherchant intelligemment l’après contact, de nombreux offloads leurs permettent d’avancer de façon brutale, rectiligne et tranchante. Cela demande de l’intelligence, beaucoup d’agilité et de la puissance … mais pas seulement. Le nombre d’offload reste important, même sans Sonny-Bill Williams, car les joueurs sont créatifs et s’entendent parfaitement. Le porteur de balle est collectif et les soutiens sont généreux. Chacun à foi en les capacités de l’autre, à pouvoir transmettre ainsi qu’à être là au bon moment.

Aujourd’hui, dans le « jeu courant », ces progressions sont  les plus « meurtrières », les plus déstabilisantes car elles mettent à mal les organisations défensives et elles sont rarement sans conséquences.

  • En défense ? Egalement. L’implication est maximale. Chaque joueur est un véritable acteur à part entière au service du collectif. 

Chaque joueur semble vouloir mettre un point d’honneur à finir le match avec au moins une action décisive pour son équipe. Pour son clan. Comme s’il n’y avait plus trop de poste … comme des chats qui retombent toujours sur leurs pattes les joueurs sont un peu comme ces gens qui parviennent toujours à retrouver leurs affaires, là où les autres ne voient qu’un immense foutoir.

Dans de nombreuses équipes, dézoner en défense serait suicidaire. Pas aux Chiefs. Pourquoi ? Parce que la cohésion, l’entente et l’état d’esprit sont tout bonnement irréprochables. Un joueur, n’importe lequel viendra quasiment systématiquement aider à temps ou combler la position. Ces joueurs ne sont pas plus intelligents que d’autres. Ils font simplement confiance aux systèmes mis en place par leurs coaches, les victoires ont renforcé le tout, et ils sont  aujourd’hui, tous animés et imprégnés d’une même identité qui les fait penser Chiefs, manger Chiefs, être Chiefs …

  • De façon primaire, les Chiefs sont efficaces en attaque et soudés en défense. Dans ces conditions, il est tout à fait logique qu’ils soient si durs à battre! Cependant, même si comptablement les points sont pris, la question mérite d’être abordée : Les Chiefs 2014 sont-ils des « diesels » ou sont-ils quelque peu gênés aux entournures et en légère perte de vitesse ?

Car à la vue de ce début du Super Rugby, leur marge d’avance semble moins importante que l’année dernière et ressemble étrangement à la saison 1998 des Blues, qui jouait sur ses acquis. La victoire face aux Crusaders était « inespérée » et celle contre les Highlanders n’était pas ultra-dominatrice. Les Chiefs devraient retrouver quelques blessés au fil de la saison ce qui leur permettra, on l’espère, de repartir sans doute sur des séquences de turnovers afin de conserver de la fraîcheur pour la dernière ligne droite. Nul doute qu’il faudra par contre remettre davantage la main sur la balle (comme l’a réclamé Dave Rennie à l’issue du 1er match) et imposer davantage son rythme et sa production, car l’opportunisme reste un équilibre très précaire… Et les Chiefs n’en veulent pas.

Aaron Cruden et Tim Nanai-Williams, deux grands offloaders, tout en habileté et en intelligence …

Aaron Cruden et Tim Nanai-Williams, deux grands offloaders, tout en habileté et en intelligence …

Crédits : Phil Walters et Martin Hunter Getty Images, espnscrum.com, Tvnz.co.nz, nz.herald.co.nz

4 réflexions au sujet de « Vectrice de résultats, la cohésion des Chiefs sera-t-elle suffisante pour 2014 ? »

  1. Excellente analyse ! J’attends aussi qu’ils prennent plus le jeu en mains. Mais cette liberté créative dans le jeu,rendue possible par cette solidarité, disponibilité et confiance, offre un jeu que j’aime. J’espère que les Chiefs nous offrirons à nouveau de grands matchs dans leur style. Merci ! Marc

    • Merci Marc,
      Le jeu des Chiefs, notamment celui de l’année dernière, était effectivement une « bouffée d’air pur » pour le rugby, et ce second titre était une nouvelle récompense pour le jeu créatif et entreprenant. Espérons qu’ils parviennent à poursuivre !

  2. même si le début de saison est assez mitigé, je me dis quand même qu’ils ont affronté trois grosses équipes dont deux potentiellement capable de remporter le championnat, donc je relativise..
    Leur plan de jeu est quasi parfait, les joueurs talentueux, j’espère un troisième sacre, et a mon avis la seule crainte a avoir serait eux même… leurs blessures, et comme tu dis le repos sur leurs acquis… rien n’est jamais joué… il faut toujours pousser la barre plus haut…

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