1996-1997-1998, des Blues dominateurs lors des premiers Super 12

Graham Henry Coach Blues 1996 1997 1998 Super Rugby

3 ans, 39 matches, 32 victoires, 2 titres, 3 finales, 1 452 points marqués … voilà le bilan des Blues de 1996 à 1998. Dominateurs, détenteurs du Ranfurly Shield de 1885 à 1993, multiples champion de Nouvelle-Zélande,  Auckland avait hâte, plus que n’importe qu’elle autre équipe qu’une grande compétition professionnelle voir le jour ! Graham Henry était en poste depuis 1992 et piaffait d’impatience de profiter encore pour quelques années de cette période dorée, qui s’achèvera à son départ, en 1999.

  • 1996 : Les Blues ouvrent le bal !

Manager: Rex Davy

Staff: Graham Henry et Mac McCallion

Squad de 28 joueurs (18 All Blacks):

Talonneur : Sean Fitzpatrick/ Piliers : Craig Dowd, Olo Brown et Kevin Nepia

Deuxièmes ligne : Richard Fromont, Robin Brooke, Jason Chandler et Chris Rose/ Troisièmes ligne : Charles Riechelmann, Michael Jones, Zinzan Brooke (capitaine), Andrew Blowers, Errol Brain et Dylan Mika

Demis de mêlée : Ofisa Tonu’u et Michael Scott/ Demi d’ouverture : Carlos Spencer

Centres : Lee Stensness, Cameron Rackham, Eroni Clarke, Waisake Sotutu et John Ngauamo/ Back-three : Jonah Lomu, Greg Cooper, Joeli Vidiri, James Kerr, Jarrod Cunningham et Adrian Cashmore.

A l’occasion du 1er Super Rugby, les Blues sont formés par la NZRU. La grande équipe d’Auckland devient la « maison mère » de la Franchise tandis que les Counties Manukau (de Jonah Lomu et Joeli Vidiri) et Thames Valley viennent grossier les rangs.

Grosse « écurie » de la compétition, les Blues terminent 2ème de la phase régulière, mais ne font pourtant pas figure de grandissime favoris, la faute à une défense aléatoire et à un mental capable de s’effriter.

Ce sont les Reds qui terminent 1er (2 défaites). A l’époque l’équipe du Queensland venait de remporter les deux derniers « Super 10 » et avait marqué un grand coup lors de leur confrontation avec les hommes d’Henry, l’emportant facilement sur le score de 51 à 13 …

Mais également le Northern Transvaal ! 3ème de la phase régulière, qui termine la saison en grande pompes et qui possède  une défense de fer (146 points pris de moins que les Blues …), la meilleure de la compétition.

Finalement en play-off, l’exploit est venu des Natal Sharks, 4ème de justesse, qui sortent miraculeusement les Reds de la compétition au terme d’un match « complètement dingue ». De l’autre côté, les Blues mettent le bleu de chauffe et font exploser le Northern Transvaal, dans un match stratégique où un certain type de rugby prend le dessus sur l’autre.

Zinzan Brooke avouera par la suite que la véritable finale du Super 12 1996 s’était finalement plutôt jouée contre le Northern Transvaal en demie finale …

Effectivement, les Blues ne font qu’une bouchée des Natal Sharks (45-21), totalement euphoriques après leur victoire surprise en demie, complètement dépassés par les évènements et trop limités pour espérer quoi que ce soit malheureusement en finale.

Joueur de l’année : Joeli Vidiri

Meilleur réalisateur : Adrian Cashmore et Carlos Spencer avec 69 points

Meilleur marqueur : Joeli Vidiri avec 10 essais.

« Joeli Vidiri, 30 essais en 3 saisons …»

« Joeli Vidiri, 30 essais en 3 saisons …»

Bilan : 13 matches, 10 victoires, 3 défaites. 501 points en 13 rencontres soit 38 points en moyenne par match … mais également 386 points encaissés (plus de 29 par match !). Meilleure attaque de la compétition (10 essais donc pour Joeli Vidiri mais également 8 pour Jonah Lomu et Andrew Blowers et 7 pour Eroni Clarke)

« C’est merveilleux ! 15 joueurs généreux dans la lignée de ce que nous avons vu l’année dernière en coupe du monde avec les All Blacks, qui cherchent l’essai de partout. » Lawrence Dallaglio

 

  • 1997: Invaincus, les Blues écrasent la compétition !

Manager : Rex Davy

Staff: Graham Henry et Mac McCallion

« Captain Zinzan Brooke, dans ses œuvres »

« Captain Zinzan Brooke, dans ses œuvres »

Squad de 31 joueurs (21 All Blacks):

Talonneur: Sean Fitzpatrick et Andrew Roose/ Piliers : Craig Dowd, Olo Brown, Paul Thomson et Orcades Crawford

Deuxièmes ligne : Richard Fromont, Robin Brooke, Jim Coe et Leo Lafaiali’i/ Troisièmes ligne : Charles Riechelmann, Michael Jones, Zinzan Brooke (capitaine), Andrew Blowers, Mark Carter, Dylan Mika, Xavier Rush et Matt Webber

Demis de mêlée : Ofisa Tonu’u et Michael Scott/ Demi d’ouverture : Carlos Spencer

Centres : Lee Stensness, Eroni Clarke, Tony Marsh et Jeremy Stanley/ Back-three : Jonah Lomu, Joeli Vidiri, Norm Berryman, Adrian Cashmore, Brian Lima et Shane Howarth.

1997 est un formidable triomphe pour les Blues ! 12 victoires en 13 rencontres, 1 seul match nul (lors de la 1ère journée contre le Northern Transvaal).

Edit : Exploit reproduit uniquement en 2002 par les Crusaders

Pas grand-chose à dire sur cette année, à part le fait que leur domination est totale. Que leur année est totalement maîtrisée, qu’ils ont joué merveilleusement bien et que leur second sacre était l’évidence même à la vue de leurs performances.

Zinzan Brooke, Sean Fitzpatrick, Michael Jones, Olo Brown, Craig Dowd et Robin Brooke sont plus qu’expérimentés, Carlos Spencer anime alors comme personne et dispose d’une backline d’une rare supériorité physique avec des joueurs comme Jonah Lomu, Joeli Vidiri, Brian Lima ou Eroni Clarke. Tous les lieutenants sont également des diables de joueurs (Lee Stensness, Ofisa Tonu’u, Andrew Blowers, Craig Innes, Mark Carter, Adrian Cashmore, Royce Willis etc …) et Graham Henry corrige les défauts de 1996. C’était imparable.

Pour les avoir affronté (défaite 11 à 47) en début de saison avec son club de Brive, récent Champion d’Europe, Christophe Lamaison témoigne:

« Je n’ai pas envie d’arrêter mais c’est tout comme. Quand je vois des trucs pareils, je me dis qu’on ne joue pas dans la même catégorie. »

Joueur de l’année : Zinzan Brooke

Meilleur réalisateur: Adrian Cashmore avec 127 points

Meilleur marqueur : Joeli Vidiri avec 10 essais

Bilan: 13 matches, 12 victoires, 1 nul. Meilleure attaque de la compétition, 513 points marqués (hallucinant total près de 40 points par match) et contrairement à l’année précédente, une excellente défense (la seconde de la compétition).

  • 1998: Contre toute attente, le « three peat » est manqué de justesse.

Manager: Rex Davy

Staff: Graham Henry, Mac McCallion

Squad de 28 joueurs (16 All Blacks):

Talonneurs : Andrew Roose, Shane McDonald, James Christian et Paul Mitchell/ Piliers: Lee Lidgard, Olo Brown et Craig Dowd

Deuxièmes ligne: Robin Brooke, Leo Lafaiali’i, Royce Willis et Apenisa Naevo/ Troisièmes ligne: Mark Carter, Xavier Rush, Dylan Mika, Andrew Blowers et Michael Jones (capitaine).

Demis de mêlée: Jason Spice, Ofisa Tonu’u et Michael Scott/ Demi d’ouverture: Carlos Spencer

Centres: Eroni Clarke et Craig Innes/ Back-three : Jonah Lomu, Joeli Vidiri, Adrian Cashmore, Brian Lima, Caleb Ralph et Hayden Taylor.

Des changements importants surviennent en 1998. Les Counties-Manukau passent sous l’emprise des Chiefs, tandis que le Northland et North-Harbour rentrent (logiquement géographiquement) dans le giron des Blues.

Ce n’est pas ça qui empêche les Blues de terminer 1er de la phase régulière, mais quelques départs majeurs comme ceux de Zinzan Brooke et de Lee Stensness ainsi que la perte de Sean Fitzpatrick, qui, succombant à ses blessures ne peut terminer l’année et se voit obliger de partir en retraite anticipée, viennent malgré tout amoindrir cette équipe.

Les Blues sont désormais une équipe qui « contrôle plus qu’elle n’écrase ». Elle n’est plus aussi flamboyante qu’en 1997 car leur marge d’avance n’est plus la même.

Les Crusaders commencent à récolter les fruits de leurs recherches, de leur approche professionnelle du rugby et de leur travail sérieux, appliqué et innovant en terminant 2ème. Les Sharks et les Highlanders viennent quant à eux, sur leur état de forme,  jouer les outsiders. Toutefois, personne n’imagine réellement qu’aucune de ces 3 équipes pourraient en fin de compte faire chuter la machine Blues, qui plus est à l’Eden Park.

Pourtant les Crusaders vont le faire … dans un match sans grand intérêt aujourd’hui, à part le fait de revoir le match signant la véritable prise de pouvoir des hommes de Christchurch.

Défaits par un « essai casquette » de James Kerr (formé à Auckland, laissé de côté par le staff), les Blues de Graham Henry tombent face à une équipe mieux organisée et encore plus novatrice.

Premières défenses inversées (qui étouffent les attaquants d’Auckland), premières utilisations du banc de touche (jamais utilisé à l’époque), Wayne Smith s’affirme comme le prochain grand coach néo-zélandais.

Malgré cela, les Blues dominaient et auraient pu l’emporter, certains supporters râlent encore aujourd’hui de l’arbitrage de Paddy O’Brien et de cet essai de pénalité non donné à leurs joueurs préférés. Cette défaite est vue à l’époque comme un simple petit accroc, personne ne peut encore imaginer que les Blues en ont terminé de leur phase de domination et qu’ils ne gagneront plus qu’un seul titre en 2003 … (certes venus d’ailleurs)

Joueur de l’année : Eroni Clarke

« Eroni Clarke, peut vraiment se considérer malchanceux de n’avoir jamais été appelé par les All Blacks »

« Eroni Clarke, peut vraiment se considérer malchanceux de n’avoir jamais été appelé par les All Blacks »

Meilleur réalisateur : Adrian Cashmore avec 155 points.

Meilleur marqueur : Joeli Vidiri avec 10 essais.

Bilan: 13 matches, 10 victoires, 3 défaites. Pour la 3ème année consécutive, les Blues terminent la saison avec la meilleure attaque, même s’ils marquent moins (438 points, 33 points de moyenne).

Quelques meilleurs moments de ces 3 premières années du Super Rugby, où évidemment, les Blues ne donnent pas leur part au chien:

 

Crédits : Theblues.co.n, ruckandmaul.wordpress.com, Vidéo TPTNZ

6 réflexions au sujet de « 1996-1997-1998, des Blues dominateurs lors des premiers Super 12 »

    • Moi aussi je me souviens de ce match de prestige entre les blues et Brive champion d´Europe en 1997 donc un gros morceau à l´époque. Fitzpatrick qui connaissait bien la France craignait Brive à Brive……Et finallement ce fut un massacre. J´ai encore en mémoire Fitz discutant dans les vestiares d´après match avec le talonneur de Brive, un certain Laurent Travers le coach actuel du racing. Ce match a marqué les esprits en France car d´un coup on a vu que le rugby pro du sud n´avait plus rien à voir avec notre rugby semis amateur. Tout allait plus vite, les joueurs étaient plus puissants. Blower et Rickelman étaient intenable devant. Je me souviens que Blanco faisait la fine bouche lui qui n´était pas trop chaud avec les bouleversement de l´époque.

  1. Quelle génération incroyable ! Cela fait plaisir de lire un article sur cette équipe et sur cette période, en plus dans mon souvenir sur canal à l’époque cette compétition était plutôt bien diffusée.

    Je me rappelle qu’il y avait déjà quelques grincheux qui trouvaient que c’était du rugby « spectacle » sans défense… Cela m’a toujours fait penser à un fan de basket qui s’extasie devant la Pro A en dénigrant la NBA parce que ce serait trop spectaculaire, qu’il y aurait trop de points marqués… De toute façon il me semble que l’on peut aimer les deux sans chercher systématiquement à démontrer qu’un championnat, quelque soit la discipline, représente mieux un sport que l’autre.

    Tout dépend de la conception que l’on a du rugby et ce que l’on y recherche en tant que spectateur, mais pour moi c’était un rugby de rêve (et ça l’est toujours), avec des joueurs fantastiques, réalisant à chaque matchs des actions incroyables. On n’avait pas le temps de s’extasiait devant une action ou un essai, cela s’enchainait sans cesse.

    Et puis, on se sentait un peu privilégié à l’époque, on sentait qu’on assistait en direct à une évolution majeure dans ce sport. Plus rien ne serait comme avant.

    • Oui a l’époque on devait pas être très nombreux en France à suivre cette compétition. D’ailleurs je ne sais pas réellement combien nous sommes aujourd’hui, soit quand même 18 ans plus tard …

  2. Ping : Vectrice de résultats, la cohésion des Chiefs sera-t-elle suffisante pour 2014 ? | LEXVNZ

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