Kevin Skinner & Carl Hayman, « Otago Tighthead »

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  • Kevin Skinner

Poids lourd de la boxe néo-zélandaise, grand scrummager, pilier fort et extrêmement mobile, capitaine des All Blacks, légende d’Otago, Kevin Skinner est assurément l’un des plus grands « tighthead » que la Nouvelle-Zélande a produit.

Il débute avec les Pirates de Dunedin au poste de deuxième ligne, en 1945 à 17 ans. Il arrête le rugby pour la boxe anglaise. Avec succès, puisqu’il devient l’année suivante Champion poids lourd d’Otago, puis remporte en 1947 le titre de Champion poids lourd de Nouvelle-Zélande … à 19 ans.

 

Kevin Skinner Boxe odt.co.nz

«Le rugby et la boxe ne se mélangent pas trop bien. J’avais besoin de mon poids pour le rugby et d’un autre poids pour la boxe » Kevin Skinner

Une fois de retour au rugby à XV, il est rapidement sélectionné par Otago qui lui confie une place de titulaire en 1ère ligne (Charlie Willocks, déjà All Blacks et Lester Harvey, qui allait le devenir étaient déjà bien installés en tant que 2ème ligne). C’est encore une fois un immense succès,  Kevin Skinner et Otago font sensation et remportent le Ranfurly Shield.

En 1949, il participe à la grande tournée (17 matches) en Afrique du Sud. Un bilan assez pauvre, mais les All Blacks se félicitèrent d’avoir trouvé en Kevin Skinner, un pilier d’avenir, dominateur !

Après avoir reçu victorieusement (3 victoires et 1 nul) les Lions Britanniques en 1950, ils remportent tous leurs matches en 1951 (11 sur 11). Kevin Skinner est devenu un cadre de l’équipe, une pièce essentielle des All Blacks (premiers capitanats en 1952). S’ensuivent deux grandes tournées en Grande Bretagne (1953 et 1954) avant qu’il ne décide de prendre sa retraite sportive, considérant que le rugby nuisait à son business.

Mais il revient petit à petit sur les terrains avec les Pirates courant 1955, puis il quitte la province d’Otago pour devenir agriculteur à Waiuku en 1956 et intègre la Province des Counties Manukau suite aux blessures de Mark Irwin et Frank McAtamney. Pour la réception des « meilleurs ennemis » des néo-zélandais, les Springboks, les All Blacks rappellent leur ancien homme fort en renfort.

Cette série de 1956, nommée « la bataille pour la couronne de rugby » va être, sans doute, la plus intense et la plus brutale jamais jouée entre les deux Nations. Et les « exploits » de Kevin Skinner ne passent pas inaperçus … (sa science du noble-art aurait décimé la 1ère ligne Sud-Africaine)

Le All Blacks le plus détesté d’Afrique du Sud !

« Son nom sera toujours attaché à la tournée de 1956. Longtemps après que les coups de pieds de Don Clarke et les charges de rhinocéros  de Peter Jones seront  oubliés, les Sud-Africains se souviendront toujours de ses coups de poings» Fred Labuschagne

«Vous étiez dans une situation où c’était : « éliminer pour éviter d’être éliminé … ». Nous n’arrivions  pas en pensant que nous allions passer des moments de douceur. Peur? Oui. L’Afrikaner est passé maître dans l’art de vous tester. Il n’est pas un tyran, mais il a sa propre voie.  C’était la même chose sur un terrain de rugby. Ils souhaitaient d’abord vous dominer. Et ensuite jouer au rugby. Il n’y a eu que deux coups de poing … un qui terrassa Koch et celui qui a arrêté Bekker » Kevin Skinner

« Kevin Skinner est un homme très modeste, mais j’ai vu ses doigts après le match …» Don Clarke

Ces deux tests ont été remportés par les All Blacks (17-10 et 11-05) et Skinner en termine cette fois avec les matches internationaux.

Après deux nouvelles saisons de clubs, il devient entraîneur à Atiamuri. Il a depuis été intronisé au Temple de la renommée sportive de Nouvelle-Zélande en 1996.

Kevin Lawrence Skinner

Né le 24 novembre 1927 à Dunedin (Otago), 1m83/ 97 kg

Poste : Pilier

College: St Kevin’s College (Oamaru, Otago)

Ecole: Christian Brothers High School (Dunedin, Otago)

Club: Dunedin Pirates

6 fois Capitaine des All Blacks

Premier match: 31 mai 1949 au Cap contre la Western Province à 21 ans.

Dernier match: 1 septembre 1956 à Auckland contre l’Afrique du Sud à 28 ans.

All Blacks tests: 20 tests/ 1 essai

All Blacks “amicaux”: 43 matches/ 2 essais

All Blacks: 63 matches, 3 essais

All Blacks numéro : 491

  • Carl Hayman

Sa taille (1m93) et son autorité en mêlée fermée lui ont permis d’être comparé à la légende des années 60, Ken Gray ! Carl Hayman a amené très haut le poste de pilier droit sur la scène internationale. En plus d’être dominateur en mêlée, il s’est révélé être un joueur complet, apportant énormément dans divers fonctions du jeu (défense, soutien des sauteurs, breakdowns, charges, passes).

Bien qu’originaire de Taranaki, Carl Hayman déménage à Otago avec sa famille et fait ses armes au King’s High de Dunedin. Durant toute son évolution, il a été « au-dessus du lot » : All Blacks -16 en 1995, All Blacks « Scolaire » 1996 et 1997, All Blacks -19 en 1997 et 1998, All Blacks -21 en 1998 et 2000, All Blacks A en 2000, il devient All Blacks (le 1000ème) en 2001 … fort logiquement !

Edit : il fait partie de l’équipe des -21 qui a écrasé l’Afrique du Sud 71 à 5 en finale

Pourtant il met ensuite du temps à éclore réellement au niveau international. Il apprend au fil des années au contact de Joe McDonnell, Kees Meeuws et Carl Hoeft le métier si particulier de pilier professionnel. Ce n’est qu’à partir de 2004 à la suite d’un remarquable Super12, que l’équipe de Graham Henry (dont Mike Cron), qui vient de remplacer John Mitchell, décide de construire l’axe droit de sa mêlée avec la « montagne maorie » des Highlanders.

Edit : Élu joueur maori de l’année en 2004 et 2006.

A partir de là, sa carrière décolle littéralement. Victorieux des Lions en 2005 avec les All Blacks Maoris, pierre angulaire du pack des All Blacks qui remettent les mains sur le Tri Nations, la Nouvelle-Zélande se demande alors s’il n’est pas le pilier le plus fort qu’il leur ait été permis de voir évoluer.

Carl_Hayman_rugbyworld.com

Le pilier millionnaire !

Après l’échec néo-zélandais lors de la Coupe du monde 2007, Carl Hayman défraye la chronique en quittant la Nouvelle-Zélande, à 27 ans et auréolé du titre honorifique de  meilleur « tigthtead » du monde, pour le club de Newcatsle. Il devient ainsi le joueur de rugby le mieux payé au monde et confirme le vieil adage comme quoi un bon « droitier » est inestimable.

En 2010, comme Johnny Wilkinson, il quitte le nord de l’Angleterre pour la côte d’Azur française et le Rugby Club Toulonnais. Cette décision met ainsi un terme aux rumeurs qui l’envoyait en Nouvelle-Zélande pour disputer une nouvelle Coupe du monde.

Après de poussifs débuts, il devient indiscutable et le Stade Mayol doit sûrement encore regretté qu’il n’ait pas pu disputer la finale du Top 14 en 2012. En 2013, Toulon et Hayman se rattrapent en devenant Champions d’Europe !

Carl Joseph Hayman

Né le 14 Novembre 1979 à Opunake (Taranaki), 1,93 m, 118 kg

Poste : Pilier droit (3)

Ecole : King’s High

Club: Southern

Province: Otago (68 matches, 1 essai)

Franchise: Highlanders (81 matches, 1 essai)

Premiership: Newcatle (64 matches, 2 essais)

Top 14: Toulon (114 matches) (au 16/01/2014)

All Blacks numéro : 1000

All Blacks 1ère sélection : 16 juin 2001 contre les Samoas à Albany (à 21 ans)

All Blacks dernière sélection : 6 Octobre 2007 contre la France à Cardiff (à 27 ans)

All Blacks Tests matches: 45 tests, 2 essais.

All Blacks « Amicaux »: 1 match

All Blacks: 46 matches, 2 essais.

Crédits: Photos odt.co.nz, rugbyworld.com/ Dessin Lexvnz.com

12 réflexions au sujet de « Kevin Skinner & Carl Hayman, « Otago Tighthead » »

    • Hayman a mis la barre très haute et a sûrement permis au poste d’évoluer. Mais comme Charlou, je pense qu’il a été rattrapé et vu son âge, été dépassé.

      Owen Franks et Charlie Faumuina correspondent sûrement davantage aux nouvelles exigences, tandis que la génération qui arrive, Ben Afeaki, Ben Tameifuna et Jeff Toomaga-Allen ont ces exigences en ligne de mire.

  1. Tu as vécu en NZ ou bien tu as de nombreuses documentations sur eux? ou les deux?
    @Jourdan: il a 34 ans, j’imagine qu’il commence à manquer d’endurance face à Owen Franks, même s’il a du métier.

    • Salut Charlou,
      Je m’intéresse depuis longtemps à la Nouvelle-Zélande (grâce au rugby), et forcément lorsque l’on aime quelque chose, on retient plus facilement toutes les informations que l’on reçoit ici ou là.

  2. Merci pour cet article ! Ça ravive des mauvais souvenirs pour les Highlanders par contre, avec l’année post-coupe du monde qui avait vu le départ de la 1ère ligne Dermody-Oliver-Hayman, de Evans aux Blues et la fin de carrière prématurée de Ryan… avec à la clé une saison cata et un déclin jusqu’à la prise de fonction de Joseph. Le départ de Mckinstosh et Rutledge a débouché sur l’an dernier, maintenant c’est Woodock et Hore qui partent… il serait temps de retrouver une première ligne.

    • Il y a quelque chose de structurel qui ne fonctionne pas dans cette Franchise. Chaque fois ils subissent des mouvements d’effectifs. Ils semblent maudits …

      • C’est également la Franchise la moins riche de Nouvelle-Zélande. Les exodes y sont donc fréquents et les effectifs changent souvent du tout au tout. C’est également compliqué pour eux de fournir des joueurs du cru (Otago, Southland), et sont obligés de faire appels à des joueurs de l’île du nord. Pas simple de fonder une équipe et de la conserver sur la durée dans ces conditions. D’autant plus quand le voisin Crusaders, via les grandes écoles de Christchurch, récupère les meilleurs joueurs dès l’adolescence, comme Richie McCaw, Justin Marshall, Corey Flynn etc

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