Remember 1989

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La Nouvelle-Zélande réussit en 2013, ce qu’aucune autre équipe de l’ère professionnelle n’est parvenue à accomplir : une année civile internationale remplie de victoires !  A quand remonte pour les All Blacks une telle performance ?

Plusieurs fois, ces dernières années, les All Blacks n’ont chuté qu’une seule fois, passant très près de l’exploit :

  • En 2012, où « un peu sur les rotules », ils explosent face aux Anglais de Manu Tuilagi lors du dernier match de l’année.
  • En 2010, lorsqu’ils échouent face aux Wallabies, dans un match « pour du beurre » à Hong Kong. Le fameux match où Stephen Donald ne trouve pas la touche …
  • En 2006, quand  ils perdent d’ 1 point en Afrique du Sud…, vous savez, celui où Rodney So’oialo fait l’un des « plus grand mauvais matches » des 10 dernières années …
  • En 2005, où ils s’inclinent 22-16 en Afrique du Sud, avec une interception de Jean De Villiers et un « match sans » de Dan Carter.
  • Mieux encore, en 1997, où ils terminent invaincus, mais concèdent un match nul à Twickenham pour la dernière de Zinzan Brooke.

En fait il faut remonter à 1989, pour trouver une équipe néo-zélandaise, alors dirigée par Wayne Shelford et Gary Whetton, parvenir à remporter tous leurs matches. Une domination totale représentée par un  19/19, quasiment sans trembler.

Totale domination car cette « série » débute en 1987 avec 12 victoires sur 12 et un titre de Champion du monde à la clé. Période assez comparable à celle d’aujourd’hui, puisque les All Blacks s’apprêtent alors à « surfer » sur leurs acquis pour les années à venir, tout en intégrant de nouveaux talents.

1988, comme 2012, est une franche réussite (14/15, ne laissant en route qu’un match nul contre l’Australie à Brisbane). Nesetorio Schuster, TJ Wright, Richard Loe et Bruce Deans remplacent Warwick Taylor, Craig Green, John Drake et David Kirk. Et de nombreux joueurs vont bientôt être intégrés comme John Timu, Va’aiga Tuigamala, Craig Innes, Walter Little, Paul Henderson, Kevin Schuler, Steve Gordon, Ian Jones, Matthew Ridge et Graham Purvis.

1989 est donc leur 3ème année consécutive sans la moindre défaite, soit 46 matches. L’incroyable série monte même jusqu’à 50 matches en comptant les 4 premiers de 1990. L’Australie y mettra fin avec une défense de fer, lors d’un anecdotique 3ème match de Bledisloe Cup.

Match 1 (17/06/1989): L’année débute avec la réception du XV de France, fraîchement sacré Champions d’Europe (pour la 4ème fois consécutive). Les deux équipes ne se sont plus affrontées depuis la finale de la Coupe du monde. Menés 18 à 0 à la pause, les Français vont entamer un remarquable come-back au retour des vestiaires pour finalement s’incliner 25 à 17. Ce match à Christchurch est marqué par le mouvement de révolte qui grondait dans le vestiaire des Bleus, qui comme souvent, a soudé les joueurs jusqu’au point de donner une belle frayeur aux All Blacks.

« Ce qui nous a donné la frousse, c’est que les Français sont revenus dans le match, ils ont marqué 3 essais en un rien de temps, et sont revenus à 1 seul point » Michael Jones

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Match 2 (01/07/1989): Cette revanche est l’occasion pour Serge Blanco de rentrer seul sur la pelouse de l’Eden Park pour fêter son record de sélection. Même si sur le terrain, le combat fût rude,  le pragmatisme néo-zélandais ne laissa pas beaucoup de place à une victoire française.

« Nous avons gagné confortablement, mais ce n’était pas le reflet de la physionomie du match » Sean Fitzpatrick

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Match 3 (15/07/1989): C’est ensuite à l’Argentine de venir défier les All Blacks sur leurs terres. Le 1er match a lieu au Carisbrook de Dunedin, « the house of pain », qui a bien tenu son nom pour les Pumas.

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Match 4 (29/07/1989): L’Argentine joue également 7 matches contre les Provinces locales : des victoires contre North Auckland, King Country, Wairarapa Bush et Hanan Shield District et des défaites contre Auckland, Canterbury et Waikato. Le second match à Wellington a été remporté sans difficulté, mais les All Blacks vont y perdre Michael Jones sur blessure pour le reste de l’année. Mike Brewer assurera l’intérim, et ce fût l’occasion par la suite, pour Paul Henderson et Kevin Schuler de faire leurs premiers pas en noir.

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Match 5 (05/08/1989): La seule rencontre de Bledisloe Cup cette année s’est disputée à Auckland. A noter que c’est le 1er match de Tim Horan et Phil Kearns, qui deviendront ensuite des poids lourds du rugby Australien.

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Match 6 (08/10/1989): Départ pour le Canada et un match contre la Colombie-Britannique à Burnaby. Comme l’année passée, Warren Gatland assure la doublure de Sean Fitzpatrick tandis que Paul Henderson, Walter Little, Steeve Gordon, Graham Purvis et  Va’aiga Tuigamala fêtent leur 1ère sélection.

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Match 7 (14/10/1989): Début de la tournée au Pays de Galles avec les matches de Provinces et celui de Cardiff à l’Arms Park. Ce sera l’occasion pour Graeme Bachop de s’affirmer de plus en plus et de ravir sur la fin d’année la place de titulaire. Ian Jones et Craig Innes jouent leur 1er match. Matthew Ridge fait également de remarquables débuts. Il est le grand espoir du  poste d’arrière pour succéder à John Gallagher. Ron Williams endosse lui le rôle de Kevin Boroevich pour faire souffler Steeve McDowall.

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Match 8 (18/10/1989): Pontypool-Nouvelle-Zélande (Pontypool)

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Match 9 (21/10/1989) : Swansea-Nouvelle-Zélande (Swansea)

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Match 10 (25/10/1989): Neath-Nouvelle-Zélande (Neath)

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Match 11 (28/10/1989): Llanelli-Nouvelle-Zélande (Llanelli)

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Match 12 (31/10/1989): Newport-Nouvelle-Zélande (Newport). 1ère sélection pour John Timu et Kevin Schuler.

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Match 13 (04/11/1989): Des Provinces au Pays de Galles, le résultat est identique. La vague noire de 1989 emporte tout sur son passage.

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Match 14 (08/11/1989): Cap sur l’Irlande qui attend les All Blacks avec impatience. La tournée débute à Dublin, dans l’antre du Leinster.

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Match 15 (11/11/1989) : A Cork, le Munster tenait à faire mieux que leurs rivaux. Ils parviennent à perdre de 5 points de moins.

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Match 16 (14/11/1989): 4 ans désormais que Frano Botica « ronge son frein » et se contente globalement des matches de Province, restant dans l’ombre de Grant Fox. Pour ce match à Galway, contre le Connacht, il va inscrire un triplé et éclairer la rencontre. Pourtant Grant Fox sera de nouveau titularisé contre l’Irlande. Sûrement l’année de trop, voir le match de trop pour le « génial » ouvreur maori.

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Match 17 (18/11/1989): Voilà 43 matches que les All Blacks n’ont plus perdu mais le XV du trèfle n’a pas l’intention de se faire marcher sur les pieds. Ce match est resté célèbre du fait que, sous l’impulsion William Anderson, les Irlandais sont venus défier « têtes à têtes » les Néo-Zélandais. Le face à face des deux capitaines « Buck » Shelford/ « Big Willie » Anderson était pour l’époque, quelque chose de complètement inattendu et totalement captivant.

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Match 18 (21/11/1989): La fatigue commence sérieusement à se faire sentir à Belfast contre l’Ulster. Les All Blacks s’en sortent en défense et grâce à leurs individualités comme Zinzan Brooke et Va’aiga Tuigamala.

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Match 19 (25/11/1989): Pour finir en beauté, rien de mieux à l’époque (pas un match « tronqué ») que de terminer par les Barbarians à Twickenham. Un vrai match piège pour des Néo-Zélandais sur les rotules venant d’enchaîner 13 matches en 43 jours … (totalement inimaginable aujourd’hui)

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En 1990, suite au « ras le bol » de l’amateurisme, John Gallagher ouvre la porte, avec l’annonce de son contrat à Leeds dans le championnat treiziste anglais, à une vague de départ vers le monde professionnel. « L’hémorragie » est mal vécue par les Néo-Zélandais. Frano Botica, trop souvent dans l’ombre de Grant Fox quitte lui aussi le pays. Suivent Nesetorio Schuster, Brett Iti, Daryl Halligan et également Matthew Ridge, pourtant promis à un grand avenir …

L’appel du professionnalisme n’est pas le seul problème auquel les All Blacks seront confrontés en 1990. La routine dans laquelle les victoires les ont installés les a quelque peu fait s’endormir sur leurs lauriers, à l’inverse de leurs voisins Australiens. De quoi tirer les leçons pour 2014 et 2015.

Crédits: Allblacks.com/ irishtimes.com

2 réflexions au sujet de « Remember 1989 »

  1. Je pense que tous les NZ échangent la touche non trouvée de Donald contre sa pénalité de la finale de la CDM 11.

    So’oialo a disparu très rapidement du 15, baisse de niveau ou autre chose ? Plus adapté au nouveau plan de jeu ?

    • L’acharnement que Donald a subi était évidemment disproportionné … c’est ce qui rend « belle » son histoire.

      A cette époque les All Blacks voulaient à tout prix renouer avec un 8 « régulateur » et sortir du surpuissant trio « So’oialo, La’auaki et Tuiali’i »

      So’oialo de son côté accumulait beaucoup de match et il était de toute façon en perte de vitesse. Il a réussi à repousser les essais pas trop convaincants de Kaino et Messam, mais lorsque Read est arrivé en 2009, les coachs ont tout de suite compris qu’ils avaient trouvé l’homme de la situation

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