« Rugby Land »

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« Que suis-je venu chercher si loin de l’Eden Park, dans ce village sans ballon ? Un monde qui n’est ni dans les livres, ni dans les lettres, dont on ne trouve trace dans aucun journal intime, dans aucune chronique familiale. Je suis venu rencontrer un peuple sans idéologie, ni leçon de morale, un peuple puissant, opiniâtre, qui considère l’existence comme un défi ». Richard Escot

Rugby Land, c’est l’histoire d’amour entre un petit garçon et les All Blacks qu’il découvre à l’âge de huit ans, et qui, adulte, accomplit un périple initiatique en Nouvelle-Zélande. Entre-temps, Richard Escot est devenu journaliste sportif, spécialisé dans le rugby.

Ce livre est le fruit de ses nombreux voyages, relatés en 45 courts chapitres composés d’interviews, de portraits, de faits historiques mais surtout d’histoires  personnelles, de sensations et de descriptions de magnifiques paysages.

Richard Escot nous met sur la piste de l’exception néo-zélandaise. Grâce à  de nombreuses anecdotes essaimées au fil de la lecture, nous comprenons mieux comment est née l’alchimie entre le rugby et les Néo-Zélandais.

Comment ne pas évoquer Charles Monro (ci-dessous à gauche) quittant la Nouvelle Zélande pour étudier à Londres et découvrant une nouvelle forme de jeu ? A son retour sur l’île du bout du monde en 1870, il apporte avec lui plus qu’un sport, un mode d’expression collectif qui unira les hommes et les territoires : le rugby.

A bord du « Kaikoura », nous retrouvons Arthur Shrewsbury (ci-dessous à droite) emmenant avec lui de nobles sportifs pour une tournée de 9 mois dans l’hémisphère sud. Le jeu proposé par ces rugbymen britanniques influencera considérablement le capitaine Dave Gallaher pour fonder le jeu des « kiwis ».

Et puis, l’esprit guerrier des Maoris. Tous les ingrédients sont réunis dans ce jeu de force, d’adresse et de solidarité pour que leur imagination puisse s’exprimer pleinement.

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Grâce à son empathie, non exempte d’esprit critique, pour ce pays et ce peuple, ses recherches préalables sur la culture maori, sa qualité d’écoute et d’observation, son respect et sa curiosité, presque sa quête, Richard Escot entre en contact avec, entre autres :

  • Sir Wilson Whineray, légende du rugby mondial et « héros national » néo-zélandais. Ancien pilier et capitaine des All Blacks, il devient par la suite un homme d’affaires avisé. (ci-dessous à gauche)
  • Inia Taylor, tatoueur traditionnel maori de renom, difficile à approcher pour les  « Blancs Pakehas ». Pour lui, le moko n’est pas un motif, pas un tatouage, mais une réelle transformation et une façon d’aborder la vie. (ci-dessous au centre)
  • « Arahi » Rangi Watahi, sombre rebelle à l’histoire tourmentée. Abordé dans un hall d’aéroport, leur rencontre est totalement déterminante. Elle permet de faire basculer la suite du périple dans une autre dimension.
  • Vic Yates, redoutable 3ème ligne des années 60 et véritable force de la nature. (ci-dessous à droite)
  • Waka Reid, son initiateur dans les forêts perdues du Northland.

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Sont également évoqués Christian Califano, Laurie Mains, Serge Blanco, Bryan Williams et même Eric Cantona, sans oublier l’incomparable phénomène qu’a été Jonah Lomu.

Par ses descriptions allant droit à l’essentiel, il saisit au vol un geste, une façon d’être ou un détail vestimentaire. Il nous fait toucher à l’intime des êtres et nous révèle leurs qualités.

Des rues d’Auckland à Dunedin, nous l’accompagnons lors de ses différents voyages sur les deux îles, jusqu’au dernier, qui l’emmène au cœur de l’âme maorie. Là, nous avons le vertige face à la profondeur et la puissance d’évocation de ce qu’il écrit de son expérience. Plus qu’un livre sur le rugby c’est un livre sur les rencontres. Sur la rencontre.

Nous sommes à ses côtés, et partageons ses doutes, son désarroi parfois, mais aussi ses moments d’accords parfaits, de complicité et d’amitié. Il lui a été donné beaucoup mais c’est parce qu’il le voulait et le méritait.

De visiteur, il est devenu invité !

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« Rugby Land » de Richard Escot, édité chez www.philippe-rey.fr (2011-208 pages)

Crédits: Photos Placepourtous.com, Getty Images, « Tangata l’âme du rugby néo-zélandais », theprow.org.nz, cricketweb.net, kerikerirugby, allblacks.com

3 réflexions au sujet de « « Rugby Land » »

  1. J’ai lu Rugby Land a sa sortie. Je me retrouve complètement dans cette critique. Livre très personnel de Richard Escot et bonne idée d’en reparler.

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