Demis d’ouverture « kiwis » au Pays Basque : le pari du jeu !

CoteBasque

Après s’être affrontés lors des joutes provinciales néo-zélandaises, ils viennent de rejoindre le Top14 et se retrouveront lors des derbys Basques. Ils ont la lourde tâche d’évoluer au poste de demi d’ouverture et auront à cœur de porter haut leurs nouvelles couleurs.

Dan Waenga & Stephen Brett, chassé-croisé aux itinéraires différents, pour mieux comprendre leur parcours respectif :

  • 2005-2006

Issu de la prestigieuse « Christchurch Boy’s High School » (comme Andrew Mehrtens, Dan Carter et Colin Slade), Stephen Brett sort du lot rapidement. Il débute à 19 ans avec Canterbury et fait ses débuts en Super Rugby avec les Crusaders, qui viennent de perdre Andrew Mehrtens mais qui gagnent tout de même la compétition.

  • 2006-2007

Formé à la « Napier Boy’s High School» (qui a également formé Zac Guildford, Stu Forster, Greg Somerville ou dernièrement Dan Kirkpatrick), c’est au tour de Dan Waenga de faire ses premiers pas dans le rugby professionnel néo-zélandais. Il évolue tout d’abord au poste de 2nd 5/8 dans sa province d’origine d’ Hawke’s Bay.

Il va participer à la Coupe du monde des -21 ans où il affrontera, pour l’anecdote, son futur partenaire Biarrot Aled Brew.

Stephen Brett est également présent dans le squad des All Blacks U21 cette année-là et a désormais davantage de responsabilités. Il joue régulièrement et de plus en plus, d’année en année, que ce soit pour Canterbury ou pour les Crusaders.

C’est à cette époque que Brett est comparé à Dan Carter (même école, même poste, même aisance). Il joue en patron lors des championnats provinciaux et rend d’excellents services en Super Rugby en alternant les postes de demi d’ouverture et de 2nd5/8.

Lorsque Dan Carter part pour Perpignan, Stephen Brett assume la relève. Il termine « meilleur marqueur de points » pour les Crusaders (92 points) et pour Canterbury (147).

Il est logiquement appelé à jouer la Pacific Nation Cup en 2007 avec les All Blacks Junior (équipe B). Cette équipe est une réelle armada (Cory Jane, Ma’a Nonu, Stephen Donald, Rico Gear etc.) et elle remporte facilement la compétition en infligeant un sévère 50 à 0 à l’Australie A (seconde du tournoi).

  • 2008-2009

Dan Waenga connaît ses premières apparitions à l’ouverture, même si c’est Matt Berquist (en difficulté en 2013 à Biarritz) qui dirige principalement le jeu des Magpies.

Stephen Brett remporte avec Canterbury sa 1ère ITM Cup. Mais Dan Carter revenu, Stephen Brett doit également gérer l’arrivée d’un nouveau demi d’ouverture prometteur en la personne de Colin Slade. L’année du dernier titre des Crusaders, il alterne le poste de demi d’ouverture et celui d’arrière. Il enchaîne quelques grosses performances (contre les Bulls et contre les Cheetahs notamment) avant de se blesser.

SBrett_GettyImages

Il joue et remporte également en juin 2008 sa seconde Pacific Nation Cup, cette fois avec les All Blacks Maoris en compagnie de Piri Weepu, Tamati Ellison, Jason Eaton, Liam Messam ou Tanerau Latimer.

  • 2009 -2010

Malgré un second titre en 2009, les rumeurs de transfert du côté de Canterbury se font de plus en plus fortes au sujet de Stephen Brett. Cela fait désormais plusieurs années qu’il évolue dans la plus grande Franchise néo-zélandaise, mais qu’il reste dans l’ombre de Dan Carter.

Il gagne avec les All Blacks Junior sa 3ème Pacific Nation Cup consécutive en 2009 et est convié à ses premiers trainings squad avec les All Blacks. Sans parvenir à jouer.

En 2010 (3ème victoire consécutive en ITM Cup), c’est Colin Slade qui joue le plus fréquemment à l’ouverture. Brett est désormais davantage utilisé comme 1er centre. Il décide finalement de rester fidèle à Canterbury tout en relançant sa carrière en Super Rugby, pour guider l’ambitieuse Franchise des Blues et changer de dimension.

Il a également l’honneur d’être le numéro 10 attitré de la réception victorieuse de l’Angleterre et de l’Irlande lors du centenaire des All Blacks Maoris. (Voir l’article sur Hosea Gear)

Recruté par Bay of Plenty pour couvrir à l’ouverture Mike Delany (aujourd’hui à Clermont), Dan Waenga semble passer un cap durant cette saison.

  • 2011

Pourtant, les Steamers de Bay of Plenty ne font pas entièrement confiance à Waenga pour prendre la succession de Mike Delany parti au Japon. Ils recrutent et lui préfèrent au cours de l’année Chris Noakes (aujourd’hui demi d’ouverture des Blues). A chaque fois qu’il est titularisé, Waenga réalise de très bonnes performances, lui permettant de faire tout de même une bonne saison.

Pour sa seconde saison avec les Blues, Stephen Brett est titulaire indiscutable mais il voit passer devant lui dans la course au maillot noir, Dan Carter évidemment, mais aussi Stephen Donald, Aaron Cruden et désormais Colin Slade. Il décide alors en fin d’année de tenter l’aventure de la Top League au Japon, chez les Toyota Verblitz.

Entre temps, Dan Waenga va jouer à Valladolid, où il termine meilleur marqueur du championnat (221 points) et devient Champion d’Espagne.

  • 2012-2013

Suite au départ de Dan Kirkpatrick (pour le Castres Olympique), Dan Waenga fait son retour aux Magpies d’Hawke’s Bay avec un tout autre statut en tant que demi d’ouverture. Il s’entend à merveille avec Chris Eaton et Andrew Horrell et signe de loin sa meilleure saison.

Sa saison 2012 en image:

Dan Waenga est récompensé par un appel dans le training squad des Chiefs. Il joue son seul match en Super Rugby contre les Crusaders et fait ainsi partie du groupe des Champions de l’hémisphère Sud 2013.

Stephen Brett lui, s’adapte rapidement aux Toyota Verblitz  et explose littéralement lors de sa deuxième saison : 9 essais et 81 points en 10 matches. C’est sûrement en Top league que les qualités de Stephen Brett ont pu le mieux s’exprimées :

  • 2013-2014 : direction le Pays-Basque !
  • Dan Waenga au Biarritz Olympique :

Les néo-zélandais connaissent bien le BO, le club de Serge Blanco et savent que Glen Osborne, Campbell Johnstone et Frano Botica y ont séjourné de belle manière.

Toujours appliqué dans les provinces par lesquelles il est passé, il pourrait, s’il garde sa bonne forme actuelle, être une excellente surprise pour Biarritz cette année désirant retrouver un peu de couleurs.

Mature dans son jeu, en pleine possession de ses moyens physiques, il est surtout encore « novice » au très haut niveau. Il devrait avoir une soif de rugby intacte ainsi qu’un grand désir de prouver. Sans statut « international », il arrive sans réelle pression, prêt à en découdre : « C’est un véritable défi pour lequel je compte bien donner le meilleur de moi-même. »

Solide défensivement, doté d’un bon jeu au pied, il maîtrise assez bien toutes les facettes du poste de demi d’ouverture. Associé à Dimitri Yachvili, il pourrait être déchargé des tirs aux buts et apporter cette année à la charnière biarrote davantage de créativité.

DanWaenga_Magpies

Ayant besoin qu’un grand club lui fasse confiance, il était temps qu’on lui donne sa chance. Biarritz lui offre un rôle à sa mesure… et semble, pour l’instant, ne pas le regretter.

Né en 1986, 1.78m/ 85kg, N°10 ou 12

Super Rugby : 1 match

Championnat provincial : 28 matches/ 5 essais/ 118 points au pied

  • Stephen Brett à l’Aviron Bayonnais :

Talentueux, il est depuis toujours un acteur majeur au poste de demi d’ouverture du rugby néo-zélandais (beau-fils de l’ex centre des All Blacks Victor Simpson). Il est polyvalent et possède une excellente vision de jeu. Ses courses sont incisives. Il est capable de distribuer le jeu, au pied ou à la main de façon exemplaire.

On lui a souvent reproché en Nouvelle-Zélande le fait d’être quelquefois irrégulier dans l’exercice des tirs aux buts, et d’avoir quelques largesses défensives. Ce sont sûrement les deux facteurs pour lesquels Stephen Brett n’a pas accéder en son temps, aux All Blacks.

A l’Aviron Bayonnais, il va retrouver son compère des Blues, Joe Rokocoko et pourrait être le joueur qui manquait pour regarder un peu plus haut : un « play maker » de haut niveau.

Surtout que Christophe Deylaud semble avoir une très bonne approche en ce qui le concerne :

« Il a cette culture néo-zélandaise de la lecture du jeu. Après un lancement défini, il a cette capacité à s’adapter et de voir où il faut aller jouer. Il n’est pas dans la programmation sur six ou sept temps de jeu. Il faut lui laisser ses qualités tout en l’intégrant au collectif. Avec mon œil d’ouvreur, je vais discuter avec lui pour savoir comment il est capable de se positionner sur les lancements. Mais nous ne voulons surtout pas le brider dans quelque chose de stéréotypé. »

Highlights Stephen Brett

De quoi donner de grands espoirs pour cette année, et pourquoi pas une place en Play-Off ?

Né en 1985 à Waiouru (Manawatu-Wanganui), 1.84m/ 88kg, N°10, 12 ou 15

Super Rugby : 70 matches/ 9 essais/ 310 points au pied

Championnat provincial : 43 matches/ 12 essais/ 273 points au pied

Top League : 17 matches/ 10 essais/ 132 points au pied

Crédits : Photo Getty Image, Vidéos RugbyLols, Steve Brett, Maea Bruce

5 réflexions au sujet de « Demis d’ouverture « kiwis » au Pays Basque : le pari du jeu ! »

  1. Tu fais bien de souligner que Frano Botica a effectué un passage réussi sur la Côte Basque. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de le voir jouer « en live » et il reste dans mon souvenir un super animateur de jeu. Il était pas loin de la quarantaine à l’époque et il avait encore la forme. Un peu moins marqué par Glen Osborne par contre, il me semble qu’il a été assez souvent blessé. D’autres auront peut être des souvenirs plus précis de ce dernier.

    • Frano Botica était un joueur incroyable. Le « Carlos Spencer » de l’époque, trop souvent dans l’ombre de Grant Fox. Le voir évoluer au BO était un pur régal. Même à son âge. Il y aura forcément un jour, un article à son sujet.

      Tu as entièrement raison pour Osborne. Il était gêné aux adducteurs et n’avait pas beaucoup joué. Mais à cette époque le transfert d’un All Blacks était très suivi en Nouvelle-Zélande. A son retour il a également toujours complimenté la France et les français.

      C’était une période royale pour Biarritz

  2. La venue d’un All Black sur la Côte Basque c’était énorme ! Un black dans le championnat français c’était beaucoup plus rare qu’aujourd’hui. Il y a eu aussi un peu avant celle de Frank Bunce (que j’adorais) à Castres.

    Comme tu le dis, c’était une magnifique période pour Biarritz et puis cette venue en a annoncée une plus grosse encore, avec Joe Roff, qui était tout simplement à l’époque un des meilleurs joueurs de la planète. Le club remportera d’ailleurs le titre cette année là… mais on s’éloigne du sujet.

    • Frank Bunce est passé par Castres effectivement, c’était malheureusement, à 36 ans, un peu l’année de trop pour lui.
      En tout cas ça montre l’importance des filières et la force des expériences passées. Il ne serait peut-être jamais venu à Castres si Gary Whetton n’y avait pas déjà posé les pieds.
      Quand à Joe Roff … rien à dire, immense joueur et qui est arrivé en plus, en pleine possession de ses moyens (26-27 ans).

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