Le poste d’arrière, Hall of Fame des All Blacks

15HOF

Avec les postes 2, 8, 9 et 10, il participe à la colonne vertébrale d’une équipe de rugby à XV.

Dernier rempart de l’équipe, l’arrière n’a pratiquement jamais personne derrière lui. Lorsqu’il accomplit une action, il doit faire preuve de réalisme et de justesse. L’erreur coûte cher. La recherche de la justesse est d’ailleurs le point primordial du poste de XV qui doit sans cesse trouver le choix le plus approprié à chaque situation.

Son sens du placement est essentiel. Jouissant d’une plus grande liberté que la majorité des autres joueurs, il doit être disponible, vigilant, sentir si sa présence est utile, couvrir une grande partie du terrain et avoir une énorme confiance en lui. Ne surtout pas confondre simplicité et « pauvreté » dans le jeu.

Créatif, relanceur, redonnant de la vitesse au jeu, l’arrière est courageux sur les ballons de réception, fait preuve de sang-froid et possède un sens tactique et un très bon jeu de pied.

Sportif quasi complet, le spectre de ses compétences techniques est large :

  • Avoir une parfaite connaissance des règles de lignes du rugby (en-but, 22 mètres, touches, sortie de terrain, etc.), du flair, un jeu au pied précis et long, de bons skills, et des talents de finition
  • Etre rapide, capable d’accélérer, de contre-attaquer, d’apporter de l’entrain, de l’imprévu, oser entreprendre, être dominateur sur le jeu en l’air, pouvoir venir défier physiquement la ligne défensive
  • Savoir s’intercaler dans une ligne d’attaque ou dans une ligne de défense, se placer pour couvrir le plus de terrain      possible, anticiper le jeu, utiliser ses ailiers, s’adapter, se positionner et lire le jeu en permanence… mais aussi savoir terminer des actions, taper des chandelles, des coups de pieds rasant, des par-dessus
  • Jouer « sûr », juste et simple, et ce, en faisant très peu de fautes de main, jouer collectif en créant des opportunités, des espaces
  • Rassurer les autres, par la confiance de ses qualités et de son jugement
  • Communiquer

Pour chaque période un Arrière All Blacks d’exception

1884 – 1901:

Le nom « All Blacks » n’existait pas encore. S’il n’y a pas de match officiel durant cette période, on peut tout de même citer le nom des joueurs qui se sont partagés le numéro : Henry Braddon (1884), « Joe » Warbrick (1884), « Archie » D’Arcy (1893-1894), Henry Wilson (1893), Sydney Orchard (1896-1897), Alfred Bayly (1897), « Scobie » Hay McKenzie (1901) etc.

1903-1914 :

A l’époque les joueurs étaient quasiment tous très polyvalents. Bien qu’il n’ait pas toujours été aligné sous le n° 15, « BILLY» WALLACE est sans doute le plus grand représentant du poste sur cette période.

BillyWallace

Une des vedettes de la tournée des « Originals », parmi les premiers joueurs à atteindre 50 matches avec les All Blacks (de 1903 à 1906), il est souvent considéré comme le 1er de la grande lignée des arrières néo-zélandais.

Mais aussi:

Duncan McGregor (1903-1904), George Gillett (1905-1906), « General » Booth (1905-1907), John Colman (1907-1908), « Joe » O’Leary (1910-1913), John Cuthill (1913), « Jack » O’Brien (1914-1920), Eric Cockroft (1914) etc.

1920-1938 : 

GeorgeNepia

« L’entre-deux-guerres » a été marqué par GEORGE NEPIA. Légende parmi les légendes, fabuleux arrière Maori empêchant l’équipe adverse de marquer, il joua l’intégralité des matches de la tournée des  « invincibles » : 30 matchs joués, 30 matchs gagnés. En 1924, George Nepia a 19 ans. Il est probablement l’arrière le plus dominateur de l’histoire du rugby.

Mais aussi :

Charles Kingstone (1921), « Jack » O’Brien (qui faisait déjà partie de l’équipe d’avant guerre), David Lindsay (1928), « Herbie » Lillburne (1928-1934) et Arthur Collins (1932-1934). Pour la petite histoire le grand père d’Andrew Mehrtens, George Mehrtens joua 3 matchs pour les Blacks en 1928).

1946-1965 :

Deux monstres sacrés au poste de n° 15 pour le rugby néo-zélandais à cette période :

BobScott

De 1946 à 1954, « BOB » SCOTT participe à 52 matchs et reste l’un des arrières les plus complets de l’histoire. 1er arrière en Nouvelle-Zélande a réellement dominer un match de rugby avec du jeu au pied, il s’impose en tant que « cerveau » des lignes arrières et représente une pièce essentielle des All Blacks durant près d’une décennie (rare à l’époque).

DonClarke

Arrière puissant d’1.88 m pour 100 kilos, « DON » CLARKE, dispute 89 matchs de 1956 à 1964. Il sème, dit-on, la terreur sur tous les terrains de rugby. Son jeu au pied de « mammouth » est devenu légendaire. Il a longtemps été le détenteur du record de points inscrits sous le maillot noir (781 points). Record battu en 1988 par Grant Fox.

Mais aussi :

« Snow » Cockerill (1951), « Pat » Walsh (1955-64) et « Mick » Williment (1964-1967) pour qui, se faire une place entre ces deux-là n’a pas été aise.

1966-1986 : 

FergieMcCormick

« FERGIE » McCORMICK, l’icône de Canterbury, d’abord bloqué par Don Clarke, puis en concurrence avec Mick Williment, s’impose finalement avec les All Blacks en 1967 à 28 ans en apportant davantage de vivacité que ses prédécesseurs. Indomptable, bon buteur, défense courageuse et jeu au pied tactique étaient également ses principaux atouts jusqu’en 1971.

« Joe » Karam (1972-1975) lui succède brillamment, d’autres joueurs se partagent le poste sans vraiment s’imposer … jusqu’à l’arrivée des deux rivaux Allan Hewson (1979-1984) et « Robbie » Deans (1983-1985).

Mais aussi :

Laurie Mains (1971-1976), Trevor Morris (1972-1973), Duncan Robertson (1974-1977), Bevan Wilson (1977-1979), McKechnie (1977-1981), Richard Wilson (1976-1980), Douglas Rollerson (1976-1981), Brett Codlin (1980), Kieran Crowley (1983-1991), etc.

1987-1995 : 

JohnGallagher

1987, 1ère coupe du monde de rugby. JOHN GALLAGHER, redoutable attaquant s’impose. Il figure comme l’un des meilleurs du monde lorsque les All Blacks sont sacrés champion du monde. De 1986 à 1989, il inscrit pour les All Blacks 35 essais en 41 matchs. Titulaire indiscutable,  il quitte la Nouvelle-Zélande pour le professionnalisme en 1990 et le rugby à XIII anglais.

L’expérimenté Kieran Crowley récupère le poste … mais la relève n’arrive pas. La coupe du monde 1991est très tâtonnante (repositionnement de « TJ » Wright par exemple). Les All Blacks se ressentent du départ de Gallagher, suivi par Ridge, Botica, etc.

Mais aussi :

Greg Cooper, John Timu, Shane Howarth et Glen Osborne ont successivement leur chance entre 1992 et 1995.

Quelques apparitions pour Matthew Cooper, Matthew Ridge (remplaçant de J.Gallagher en 1989, il part lui aussi pour le rugby a XIII en 1990, la Nouvelle-Zélande refusant de professionnaliser le rugby à cette époque), Craig Philpott etc.

1996-2010 :

ChristianCullen

Pour les débuts du professionnalisme, l’arrivée de CHRISTIAN CULLEN, véritable ovni à ce poste est une aubaine. Redoutable défenseur, formidable attaquant, il éblouit de nombreuses rencontres de 1996 à 2002. Fergie McCormick et John Gallagher avaient apporté tous deux de nouvelles facettes offensives au numéro 15, mais c’est sans comparaison à ce qu’accomplit Christian Cullen. 52 essais en 60 matchs.

Suite à des choix très discutés et discutables de John Hart, Jeff Wilson, irréprochable, joue à l’arrière en 1999.

A partir de 2003,  « MILLS » MULIAINA fait main basse sur le numéro 15. Toujours très juste, il est le 1er arrière à jouer 100 tests pour les All Blacks. Il termine en 2011 par un titre de champion du monde.

Mills Muliaina

Mais aussi :

De 2000 à 2008, Leon McDonald représente une remarquable alternative et s’avère d’une aide précieuse.

D’autres joueurs portèrent le 15 durant cette période, comme Glen Osborne, Todd Miller, Ben Blair, Doug Howlett, Nick Evans, Isaia Toeava, Israël Dagg etc.

Depuis 2011 :

Pour la coupe du monde 2011, à domicile, c’est Israël Dagg, venu sur la fin ravir la place de titulaire au « centurion » Muliaina. La transition s’est faite sans peine, et « l’ère Dagg » semble bien lancée.

Le rugby est désormais une réelle  « puissance financière », très professionnalisé et de plus en plus mondialisé. Les All Blacks sont choyés et réservés principalement aux joutes internationales.

 

HALL OF FAME N°15 (uniquement pour les joueurs ayant terminé leur carrière internationale) :

« Billy » WALLACE, George NEPIA, « Bob » SCOTT, “Don” CLARKE, “Fergie” McCORMICK, John GALLAGHER, Christian CULLEN et “Mills” MULIAINA

[polldaddy poll=7266948]

Crédits: Wikipedia, stuff.co.nz, odt.co.nz, espnscrum.com,  bebo.com, iol.co.za

5 réflexions au sujet de « Le poste d’arrière, Hall of Fame des All Blacks »

    • L’aspect historique autour de George Nepia est immense effectivement.

      Il est coutume de dire que le trio G.Nepia/B.Scott/C.Cullen se détache.
      Ensuite cela dépend des critères que l’on souhaite prendre en compte et de l’importance qu’on leur donne (historique, rugbystique etc.). Ceux qu’on a vu évoluer également.

      Lorsque le classement des 100 plus grands All Blacks a été donné il y a quelques années, George Nepia était 5ème, Bob Scott 8ème, Billy Wallace 20ème, Christian Cullen 24ème, Don Clarke 29ème, Fergie McCormick 41ème, John Gallagher 77ème et Mills Muliaina 83ème

  1. Ce que je ne comprends pas, c’est le désamour envers Dagg quand il joue 15 pour les Blacks.

    Le type est énorme sous les chandelles, a un jeu au pied de haut niveau et crée des différences (NZ-S. Africa 2010, Australie-NZ RWC 2011, SA-NZ RC 2012 en début de seconde mi-temps). Je ne vois pas ce qu’il peut faire de plus.

    Sinon, je voterais Cullen.

    • Bonjour Moi,
      Je crois que pour le cas « Dagg », tout le monde a conscience de son talent et de son potentiel. Or, dès qu’il a un passage un peu moins bon, même s’il assure parfaitement comme vous le dîtes le jeu au pied et les réceptions, les supporters sont exigeants et en attendent davantage.
      C’est très dur, voir cruel. Les joueurs peuvent passer de « paria » à « héros national » assez rapidement. Ou malheureusement l’inverse. Mais c’est aussi cette exigence et cette intransigeance qui pousse les joueurs des All Blacks à se surpasser et à toujours vouloir bien figurer.
      Dagg semblait revenir en bonne forme sur cette fin de saison, à titre personnel, je n’ai pas de doute à son sujet pour le Four Nations.

  2. Ping : Questionnaire Lexvnz N°3: Merci à Jourdan, supporter N°1 des All Blacks sur Grenoble ! | LEXVNZ

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *